Discours inaugural et pistes pour la suite

Le discours inaugural ci-dessous, a été publié dans le bulletin « l’amassada » que vous pouvez télécharger, lire, imprimer, diffuser à partir du fichier ci-après : 24janvier

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« Il y a un mois, nous décidions ensemble de construire une cabane sur la Plaine, et voici que c’est bien davantage que cela qui est sorti de terre. C’est notre détermination faite planches, faite tôles, c’est une grand « non au transfo » qui a poussé là, impertinent, indéracinable. Il y a une planche ici pour chaque éolienne industrielle qui ne verra pas le jour, pour chaque pylône jamais construit, et des fenêtres pour voir un jour, qui sait, l’obscurité des nuits, celle des flashs qui se sont tus. L’Amassada trône là, parmi les blés qui montrent déjà le bout de leur nez, ses volutes de fumée invitent chacun à venir partager ici la joie et la convivialité, apporter de l’élan à l’énergie commune que l’on a vue s’accroître tandis que nous bâtissions. Elle est une apparition un peu magique qui en l’espace de cinq journées s’est érigée, pour faire résonner notre colère aux alentours et jusqu’aux confins, pour nous permettre aussi de faire vivre une autre manière d’habiter ce territoire, respectueuse de ce qui l’entoure, des bêtes, des arbres, des sols et des gens. Son édification a été l’occasion de nous rencontrer et de partager des instants plus intenses que les mornes journées que ceux-là mêmes qui font les transformateurs nous proposent. Il y a ici de la place pour tous, chacun a pu mettre la main à la pâte, planter un clou, scier du bois, désosser des palettes, même ceux qui croyaient ne pas savoir le faire. Nous nous sommes entraidés, nous avons appris ensemble, et nous avons fait l’expérience de notre force commune. A n’en pas douter, nous saurons nous en servir encore. En ces temps hivernaux, rien n’a su arrêter cet élan, ni le froid parfois cinglant, ni la trêve des confiseurs, ni les cohortes de gendarmes. L’Amassada est maintenant bâtie, et ne demande qu’à grandir. Ses portes sont ouvertes aux sympathisants, à ceux qui luttent ailleurs ou aux curieux de passage. Elle est prête à abriter nos moments d’organisation, de discussion ou de fête ; elle est ce sol dans lequel semer les graines des manières de vivre que nous défendons, et dont nous rêvons.

Depuis ce lieu, avec Plateau survolté, avec la mairie et les habitants de Saint-Victor, avec les nombreux collectifs contre l’éolien industriel et les comités ZAD Aveyron, nous allons poursuivre et étendre le mouvement du « non au transfo ». Nous allons profiter d’être réunis ensemble aujourd’hui pour tracer quelques pistes pour les semaines et les mois qui viennent.

Premièrement : nous allons lancer un processus de réflexion et de discutions à propos de l’enquête d’utilité publique que RTE prévoit pour cette année. En effet, les Perrin et consorts n’annoncent pas seulement la tenue de l’enquête, mais également son résultat, puisque la DUP (Déclaration d’Utilité Publique, c’est-à-dire le résultat positif de l’enquête) est déjà annoncée par RTE pour la fin 2015. En vérité, cette enquête n’a rien d’un processus de concertation avec les habitants. Il s’agit clairement d’une formalité, d’une étape obligée dans la réalisation du projet. Sauf qu’à ce projet nous opposons un « non » ferme et définitif, et à chaque étape de sa réalisation nous serons sur leur chemin, et nous leur prouverons que le transfo ne se fera pas.

L’enquête d’utilité publique doit être annoncée 15 jours à l’avance en mairie, mais cette notification peut très bien arriver demain. C’est pourquoi, pour ne pas nous faire surprendre, si l’enquête devait débuter en ce début d’année, nous annonçons déjà une riposte minimale : l’organisation d’une manifestation à Saint-Affrique, le samedi précédent le début de l’enquête, puis une assemblée de lutte sur le site de l’Amassada pour discuter des actions à mener.

Deuxièmement : si aucune enquête ne pointe son nez avant le printemps, nous organiserons un nouveau rassemblement populaire au mois d’avril. La fête du vent, une manifestation pour montrer qu’il y a mieux à faire avec ce souffle que d’alimenter des moulins à fric ; qu’il existe des éoliennes à taille humaine, des objets qui embellissent le ciel au lieu de pourrir nos nuits.

Troisièmement : nous ouvrons aujourd’hui un grand jeu concours. Nous avons été contactés par des petits transformateurs, vous savez ces grosses boîtes vertes en bord de route, vous en avez forcément un pas loin de chez vous. Et bien sachez qu’à l’unanimité ils soutiennent notre lutte contre le méga-transformateur. Simplement, ils n’ont aucun moyen d’exprimer leur conviction. Alors aidons-les, prenons affiches, peinture, ce qui vous plaira pour exprimer les idées de la lutte, et donnons la parole aux transfos. Vous pouvez ensuite envoyer vos photos au site de l’Amassada avec visible la plaque localisant le transformateur. Les auteurs de la meilleure décoration gagneront un week-end nourris et logés à l’Amassada. Un week-end inoubliable ! »

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